<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://lcr.quefaire.lautre.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#034;Que Faire ?&#034;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://lcr.quefaire.lautre.net/spip.php?id_auteur=109&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue Que Faire ?</title>
		<url>https://lcr.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH42/siteon0-99e09.png?1793536176</url>
		<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
		<height>42</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Some of us are Brave...</title>
		<link>https://lcr.quefaire.lautre.net/Some-of-us-are-Brave</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lcr.quefaire.lautre.net/Some-of-us-are-Brave</guid>
		<dc:date>2011-07-25T15:34:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hugo Harari-Kermadec, Lisbeth Sal, Na&#239;ma Anka Idrissi</dc:creator>


		<dc:subject>encemoment</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Classes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien qu'elle ne soit pas nouvelle, la question de l'articulation des oppressions entre elles et avec l'exploitation se pose avec acuit&#233; dans les luttes d'aujourd'hui. Qu'il s'agisse de l'organisation des femmes voil&#233;es et plus largement des mobilisations des quartiers populaires, c'est d'embl&#233;e ce type de questions qui sont pos&#233;es. Dans cet article, nous souhaitons montrer que pour r&#233;sister il est n&#233;cessaire d'appr&#233;hender l'articulation des oppressions pour &#233;viter de passer &#224; c&#244;t&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/que-faire-no06-fevrier-avril-2011" rel="directory"&gt;Que Faire ? - n&#176;06 - F&#233;vrier/Avril 2011&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/encemoment" rel="tag"&gt;encemoment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/Feminisme" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/Racisme" rel="tag"&gt;Racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/Classes" rel="tag"&gt;Classes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lcr.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L93xH150/arton278-d00ee.png?1793539444' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien qu'elle ne soit pas nouvelle, la question de l'articulation des oppressions entre elles et avec l'exploitation se pose avec acuit&#233; dans les luttes d'aujourd'hui. Qu'il s'agisse de l'organisation des femmes voil&#233;es et plus largement des mobilisations des quartiers populaires, c'est d'embl&#233;e ce type de questions qui sont pos&#233;es. Dans cet article, nous souhaitons montrer que pour r&#233;sister il est n&#233;cessaire d'appr&#233;hender l'articulation des oppressions pour &#233;viter de passer &#224; c&#244;t&#233; des besoins r&#233;els des opprim&#233;-e-s, voire de participer &#224; les diviser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'universalisme, l'histoire et les principes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il nous semblait important de revenir sur la notion d'universalisme qui y est pour beaucoup dans la construction de la domination, en particulier en France. Issu de la philosophie des Lumi&#232;res, l'universalisme cherche &#224; construire l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral par opposition aux int&#233;r&#234;ts individuels. Au moment o&#249; la notion a &#233;t&#233; introduite dans la philo&#173;sophie, c'&#233;tait r&#233;volutionnaire dans la mesure o&#249; &#231;a s'opposait aux int&#233;r&#234;ts des nobles et du clerg&#233;. Elle a d'ailleurs &#233;t&#233; utilis&#233;e par Olympe de Gouges ou Toussaint Louverture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Daniel Bensaid, Quand l'histoire nous d&#233;senchante, r&#233;alis&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En m&#234;me temps, forg&#233; par des bourgeois blancs m&#226;les h&#233;t&#233;ros et valides, l'universalisme a fini par camoufler l'existence de discrimina&#173;tions. L'universalisme conduit aussi &#224; la construction de principes qui seraient intangibles, universels et sur lesquels il s'agirait de s'appuyer dans les luttes pour l'&#233;mancipation. D&#232;s que l'on met en doute l'existence de tels principes, on peut &#234;tre tax&#233;s de relativistes (&#171; Tu n'es pas contre les religions ? Tu soutiens l'excision ! &#187;). Pourtant, nous savons tous et toutes que les principes atemporels n'existent pas. Nous pouvons avoir des principes mais ils sont ancr&#233;s dans une soci&#233;t&#233;. &#192; quoi bon d&#233;fendre l'ind&#233;pendance de classe sous le socialisme, par exemple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les principes, les normes varient dans l'histoire et peuvent &#234;tre r&#233;investies, c'est-&#224;-dire acqu&#233;rir un sens nouveau par la fa&#231;on dont les gens les vivent. Elles n'ont pas un sens valable en tout temps et en tout lieu. Il n'y a donc pas une seule fa&#231;on de se battre pour l'&#233;mancipation. Ainsi, au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle, plusieurs strat&#233;gies, &#224; premi&#232;re vue contradictoires, sont employ&#233;es par les f&#233;ministes : tandis que Marguerite Durand (directrice de &lt;i&gt;La Fronde&lt;/i&gt;, un quotidien f&#233;ministe), revendique sa f&#233;minit&#233; pour &#171; &lt;i&gt;enlever aux hommes superficiels cet argument que le f&#233;minisme est l'ennemi du go&#251;t et de l'esth&#233;tique f&#233;minine&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Metz( A.), &#171; Marguerite Durand et la belle &#233;poque du f&#233;minisme &#187;, in Metz( (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Madeleine Pelletier (premi&#232;re femme ali&#233;niste, on dirait aujourd'hui psychiatre), revendique son refus de toute relation sexuelle et adopte une apparence d&#233;lib&#233;r&#233;ment masculine : &#171; &lt;i&gt;mon costume dit &#224; l'homme : &#171; je suis ton &#233;gale &#187;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jami (I.), &#171; Forces et faiblesses du f&#233;minisme f&#233;minisme fran&#231;ais &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Finalement, &#224; leur mani&#232;re, toutes deux revendiquent l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas de ligne toute trac&#233;e, de sch&#233;ma &#233;mancipateur universel. Les formes que prennent les luttes pour l'&#233;mancipation, de m&#234;me que les outils auxquels ont recours les opprim&#233;-e-s, varient au cours de l'histoire. Ce qui est fondamental, c'est que les opprim&#233;-e-s eux ou elles-m&#234;mes soient moteurs dans leur lutte et puissent s'emparer des outils qui font sens au moment o&#249; ils ou elles luttent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lcr.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L425xH500/poing_brode-61803.jpg?1311599737' width='425' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nommer les oppressions : l'exemple de la race&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leurs caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques, les oppressions poss&#232;dent des caract&#233;ristiques communes. Elles pr&#233;sentent une privation de droits pour les populations domin&#233;es, une violence symbolique et physique poussant &#224; la r&#233;signation, une stigmatisa&#173;tion par le d&#233;nigrement syst&#233;matique du groupe opprim&#233;, une hi&#233;rarchisation et/ou une naturalisation de la diff&#233;rence. Les dominations de sexe, de classe et de race recoupent toutes ces caract&#233;&#173;ristiques. Cependant, les cat&#233;gories de sexe et de race ont une histoire diff&#233;rente de celle de la classe, ce qui rend ces deux notions difficiles &#224; appr&#233;hender par celles et ceux qui sont venu-e-s au militantisme par le marxisme, tant au niveau th&#233;orique que politique. Pourtant, en tant que dispositifs de naturalisation du pouvoir et par les rapports de domination qui s'y jouent, ces deux cat&#233;gories prennent tout leur sens comme cat&#233;gorie d'analyse critique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dorlin (E), Sexe, race, classe pour une &#233;pist&#233;mologie de la domination, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La naturalisation tient en la croyance &#224; des caract&#233;ristiques naturelles qui justifient l'oppression. Si aujourd'hui le concept d'&#233;galit&#233; des sexes semble admis, au moins dans les discours, des livres comme &lt;i&gt;Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de V&#233;nus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gray (J), Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de V&#233;nus, 1999, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou le programme &lt;i&gt;Sc&#232;nes de m&#233;nage&lt;/i&gt; par exemple continuent &#224; inscrire l'id&#233;e, par le biais de l'humour, de diff&#233;rences &#171; naturelles &#187; entre les hommes et les femmes. Ainsi, les proc&#233;d&#233;s utilis&#233;s visent toujours &#224; tourner les femmes en ridicule en leur reprochant d'&#234;tre &#171; trop &#187; par rapport &#224; la norme masculine. La diffusion de ces clich&#233;s perdure et &#224; vocation &#224; d&#233;valoriser les femmes : ainsi quand elles occupent des postes dans les m&#233;tiers relatifs aux soins &#224; la personne, leur travail est moins reconnu car il s'agirait de capacit&#233;s li&#233;es &#224; leur sexe et non d'un savoir faire appris ; elles sont souvent consid&#233;r&#233;es comme des &#171; comm&#232;res &#187; ou des s&#233;ductrices ; on consid&#232;re que les milieux de travail f&#233;minins sont plus difficiles car elles &#171; se cr&#234;pent le chignon &#187;. Ces petits sketches diffusent des id&#233;es sexistes et l&#233;gitiment les positions subalternes des femmes car ils n'interrogent jamais les logiques et constructions sociales de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve des proc&#233;d&#233;s similaires avec la question de la race. L'id&#233;o&#173;logie universaliste emp&#234;che le recours &#224; ce terme car &#171; les races n'existent pas &#187;. Comme l'explique Eric Fassin, le dialogue est biais&#233; dans la mesure o&#249; les termes du d&#233;bat sont r&#233;duits &#224; des oppositions telles que &#171; &#234;tes-vous universalistes ou diff&#233;rencialistes ? &#202;tes-vous r&#233;publicain ou communautariste ? &#187;. Dans &lt;i&gt;Sexe, Race et Pratique du pouvoir&lt;/i&gt;, Colette Guillaumin &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;si la r&#233;alit&#233; de la &#171; race &#187; n'est en effet pas bio-naturelle, n'est en effet pas psychologique (quelque tendance inn&#233;e de l'esprit humain &#224; d&#233;signer en l'autre un &#234;tre de nature&#8230;), elle est cependant. Car il n'est pas soutenable de pr&#233;tendre qu'une cat&#233;gorie qui organise des &#233;tats (le troisi&#232;me Reich, la R&#233;publique sud-africaine, etc.), qui entre dans la Loi, n'existe pas. Il n'est pas soutenable de pr&#233;tendre que la cat&#233;gorie qui est la cause directe, le moyen premier du meurtre de millions d'&#234;tre humains n'existe pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guillaumin (C.), Sexe, Race et Pratique du pouvoir, C&#244;t&#233;-femmes, 1992, p. 216.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S'il est &#233;vident &#171; &lt;i&gt;qu'il n'y a qu'une race, la race humaine&lt;/i&gt; &#187;, la race comme rapport social de domination existe et l'occulter ou le fuir c'est participer &#224; entretenir les discriminations. Parler de &#171; race &#187; c'est s'inscrire dans les processus sociaux, c'est participer &#224; la connaissance des r&#233;alit&#233;s des rapports de domination qu'elle sous tend. S'il faut &#234;tre conscient des risques d'ent&#233;riner les cat&#233;gories raciales de sens commun qu'il s'agit de combattre, il s'agit aussi de &#171; &lt;i&gt;penser le contenu des cat&#233;gories raciales et des pratiques racistes, qui ne se pr&#233;sentent pas toujours comme telles aujourd'hui et qu'il faut exhumer de fait et de discours qui les recouvrent et les occultent&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fassin (D), &#171; Nommer, interpr&#233;ter. Le sens commun de la question raciale &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est dans cette optique que nous parlons de &#171; race &#187;, de &#171; racialisation &#187; ou de &#171; personnes racis&#233;es &#187;. De plus, comme le souligne Colette Guillaumin &#171; &lt;i&gt;le discours est un perp&#233;tuel champ de la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guillaumin (C), L'id&#233;ologie raciste. Gen&#232;se et langage actuel, Gallimard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il s'agit alors d'&#233;couter les personnes concern&#233;es quand elles parlent, d'entendre la mani&#232;re dont elles se d&#233;finissent. Ainsi, comme beaucoup d'autre, G&#233;rard, &#233;l&#232;ve de lyc&#233;e professionnel interview&#233;, dit &#171; &lt;i&gt;Je suis un black d'o&#249; ? Je suis un black de ma cit&#233; !&lt;/i&gt; &#187;. Ces cat&#233;gories montrent &#171; &lt;i&gt;la complexit&#233; et l'ambigu&#239;t&#233; du rapport &#224; soi et du rapport aux autres&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p. 34.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et participent de techniques d'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; : d&#233;cortiquer les m&#233;canismes d'une identit&#233;, &#224; la fois subie et fondatrice de soi, permet de s'armer contre les oppressions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://lcr.quefaire.lautre.net/IMG/jpg/rosie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://lcr.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH691/rosie-8071c.jpg?1311599737' width='500' height='691' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des revendications li&#233;es au contexte politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque oppression est un rapport social. Elle est donc &#224; prendre en compte dans une logique de rapport de force par rapport aux autres, en ce sens, elles varient en fonction des contextes, des mouvements sociaux dans lesquels elles sont imbriqu&#233;es, et ne peuvent de ce fait &#234;tres analys&#233;-e-s sur une &#233;chelle unidimensionnelle. Aujourd'hui, en France, m&#234;me si l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes est loin d'&#234;tre atteinte (sans parler des remises en cause), la situation n'est plus la m&#234;me qu'au xix&#232;me si&#232;cle et n'est pas la m&#234;me qu'en Am&#233;rique latine ou en Inde. De la m&#234;me fa&#231;on, le racisme en France n'est plus le m&#234;me que celui du temps de l'exposition coloniale de 1931 et n'a que peu &#224; voir avec celui d'Am&#233;rique latine o&#249; les descendant-e-s d'immigr&#233;s, blanc-he-s ou arabes, sont dans des positions de domination vis-&#224;-vis des am&#233;ricains &#171; de souche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit chaque fois de mesurer finement les situations politiques pour &#233;tablir &lt;br class='autobr' /&gt;
des revendications &#233;mancipatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersection de la race et du sexe a principalement &#233;t&#233; trait&#233;e dans le contexte de l'esclavage et du post esclavagisme. On peut distinguer trois vagues dans l'histoire du f&#233;minisme afro-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re concerne la lutte pour l'aboli&#173;tion de l'esclavage, la deuxi&#232;me est celle de la lutte des femmes pour obtenir des droits civiques et enfin la troisi&#232;me &#224; pour objet de faire reconnaitre le lien existant entre le racisme et le sexisme. Durant la deuxi&#232;me vague les femmes noires se retrouv&#232;rent devant une difficult&#233;. D'un c&#244;t&#233; elles devaient lutter contre le f&#233;minisme des am&#233;ricaines blanches qui ne prenaient pas en compte la condition des femmes noires et d'un autre elles devaient faire face aux reproches des hommes noirs qui ne voyaient pas dans la lutte contre le sexisme une possibilit&#233; viable de parvenir &#224; la lutte contre le racisme et opposaient donc les deux combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t du black feminism tient dans l'analyse de l'intrication entre sexisme &lt;br class='autobr' /&gt;
et racisme. Dans les soci&#233;t&#233;s esclavagistes, les femmes &#233;taient log&#233;es &#224; la m&#234;me enseigne que les hommes, elles effectuaient le m&#234;me travail et avaient les m&#234;mes contraintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En stigmatisant les noirs comme de pares&#173;seux eff&#233;min&#233;s, le racisme esclavagistes est m&#234;me all&#233; jusqu'&#224; produire une &#171; &lt;i&gt;inver&#173;sion relative des positions de sexe&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bereni.L, Chauvin.S, Jaunait.A, Revillard.A, Introduction aux Gender (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui permettaient aux noires &#171; d'att&#233;nuer &#187; la domination de sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le racisme s'&#233;rige par l'affirmation de diff&#233;rences culturelles d&#233;&#173;finies comme hi&#233;rarchiquement inf&#233;rieures et inh&#233;rentes aux groupes minoritaires. C'est par le biais des questions de sexe et de sexualit&#233;s qu'est instrumentalis&#233; le discours raciste. Il s'op&#232;re une naturalisa&#173;tion des races par la naturalisation des diff&#233;rentes cultures. La culture et/ou la religion des populations issues d'Afrique du Nord et/ou d'Afrique Subsaharienne sont souvent imagin&#233;es comme &#171; plus &#187; sexistes et &#171; plus &#187; homophobes que les cultures occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc sous couvert d'une cause noble, l'antisexisme et/ou la lutte contre l'homophobie, que se met en place une stigmatisation forte des populations raci&#173;s&#233;es. En exacerbant certains signes cultu&#173;rels (le port de la burqua par exemple) et des faits divers isol&#233;s (les viols collectifs ou &#171; tournantes &#187;), le discours politique pr&#233;sente le groupe minoritaire comme homog&#232;ne. Les hommes racis&#233;s sont appr&#233;hend&#233;s comme &#171; naturellement &#187; sexistes et homophobes, et les femmes racis&#233;es sont per&#231;ues comme soumises &#171; par essence &#187;. D'une part, on constate un pr&#233;jug&#233; raciste sur la culture de l'Autre et d'autre part il y a une essentialisa&#173;tion de cette culture pr&#233;sent&#233;e comme &#171; naturellement &#187; sexiste. En d&#233;non&#231;ant des pratiques du groupe minoritaire comme sexistes &#171; par essence &#187;, le risque est que le groupe minoritaire et tous ses membres soient assimil&#233;s au sexisme, et que, par opposition, les violences sexistes du groupe majoritaire soient occult&#233;es. De cette mani&#232;re, on observe aussi une assimilation entre couleur de peau et culture ou religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le groupe minoritaire, la minorit&#233; visible, est appr&#233;hend&#233; comme un groupe homog&#232;ne, contrairement au groupe majoritaire, la majorit&#233; invisible, qui a le privil&#232;ge d'&#234;tre appr&#233;hend&#233;e de mani&#232;re individuelle. Dans un de ces article, Leti Volpp&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Volpp, (L) (2006). &#171; Quand on rend la culture responsable de la mauvaise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montre comment deux comportements identiques, des mariages entre des jeunes filles mineu&#173;res et des gar&#231;ons plus &#226;g&#233;s prennent des dimensions tout autres s'il s'agit de personnes blanches ou de personnes non blanches. Elle expose que le couple blanc a le privil&#232;ge de l'individualit&#233;, c'est &#224; dire qu'on qualifiera son comportement de &#171; d&#233;raisonn&#233; &#187; alors que le couple de non-blanc est homog&#233;n&#233;is&#233; c'est-&#224;-dire qu'on attribuera son comportement &#224; sa culture.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://lcr.quefaire.lautre.net/IMG/jpg/pure_white.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://lcr.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH375/pure_white-dd859.jpg?1311599738' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire les r&#233;sistances&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Saba Mahmood, dans Politique de la pi&#233;t&#233; dissocie autonomie (ce que je suis capable de faire sans aide ou autorisation) et puissance d'agir (ce que je peux objectivement et m'autorise subjective&#173;ment &#224; faire). L'auteure propose de sortir d'une vision binaire oppression-r&#233;sistance pour &#233;tudier les paroles et les actions des femmes dans des soci&#233;t&#233;s patriarcales, sans forc&#233;ment les interpr&#233;ter comme des actes de r&#233;sistance, m&#234;me inconsciente. &#171; &lt;i&gt;La capacit&#233; d'agir se trouve non seulement dans les actes de r&#233;sistance aux normes mais aussi dans les multiples fa&#231;ons dont on habite les normes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saba Mahmood d&#233;fend ainsi que les femmes du mouvement des mosqu&#233;es en Egypte parviennent &#224; &#171; saper &#187; large&#173;ment les normes de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale-s&#233;culi&#232;re &#233;gyptienne (femme-objet et injonction de consommation par exemple) tout en gagnant une certaine marge au sein m&#234;me des normes religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En investissant le champ religieux, ces femmes se saisissent de l'autorit&#233; des textes islamiques, sans pour autant contester la validit&#233; du patriarcat. Elles parviennent alors &#224; se sortir des contra&#173;dictions que la soci&#233;t&#233; leur impose (&#234;tre valorisante socialement pour le mari car s&#233;duisante et en m&#234;me temps une bonne &#233;pouse pieuse) et &#224; imposer, partiellement, un changement de point de vue dans l'interpr&#233;tation des textes, pour aller vers un point de vue moins patriarcal et d'avantage centr&#233; sur la vie r&#233;elle des femmes &#233;gyptiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, les oppressions crois&#233;es n'impliquent pas forc&#233;ment une addition de ces oppressions et des difficult&#233;s qui se cumulent. Ainsi une ouvri&#232;re, &#224; l'intersection des normes de classe et de genre, peut utiliser la norme de genre pour camoufler la norme de classe. Autrement dit, elle peut se maquiller, avoir recours &#224; la chirurgie esth&#233;tique, s'acheter des v&#234;tements tr&#232;s chers pour qu'on ne la per&#231;oive pas comme une femme de la classe ouvri&#232;re. Inversement, elle peut refuser tout attribut de genre pour mettre d'abord en avant la fiert&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais, la prise en compte des intersections est n&#233;cessaire &lt;br class='autobr' /&gt;
dans la lutte pour l'&#233;mancipation tant au niveau individuel qu'au niveau col&#173;lectif. Pour prendre un exemple, dans les quartiers populaires, la stigmatisation li&#233;e &#224; la race touche les filles au m&#234;me titre que les gar&#231;ons. Il se cr&#233;e alors des r&#233;sistances collectives face &#224; cette oppression. Dans un entretien r&#233;alis&#233; avec une &#233;l&#232;ve d'origine tunisienne, la jeune fille expliquait que selon les contextes elle privil&#233;giait le respect de la norme de genre ou la transgressait pour r&#233;sister &#224; une domination de race et/ou de classe. Dans sa cit&#233;, au milieu de ses pairs, elle explique qu'elle porte une attention particuli&#232;re &#224; son vocabulaire car &#171; je suis une fille, faut parler bien &#187;, cependant dans le cadre scolaire qui est souvent v&#233;cu comme un lieu d'exclusion et que E. Debarbieux d&#233;finit comme un lieu o&#249; s'exerce &#171; un affrontement entre une &#171; violence civilisatrice &#187; et une &#171; r&#233;sistance &#224; cette force &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Debarbieux. Et al., &#171; Le construit &#171; ethnique &#187; de la violence &#187; in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; elle affirme que &#171; je r&#233;pond, j'm'en fous de dire des gros mots, faut pas qu'elle (l'enseignante) se croit sup&#233;rieure &#224; moi &#187;. Il y a donc des choix de r&#233;sistance qui s'op&#232;rent suivant les situations et selon qu'elles mobilisent tel ou tel rapport de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire ces r&#233;sistances, les soutiens &#224; la lutte, qu'il s'agisse des hommes dans les mobilisations f&#233;ministes, des blanc-che-s dans les luttes contre les discriminations etc. doivent prendre en compte les privil&#232;ges qu'ils/elles ont, en termes de b&#233;n&#233;fice, que procure ces normes et dont sont exclu-e-s les d&#233;viant-e-s.En effet, une m&#234;me situation prend un sens tout &#224; fait diff&#233;rent suivant qu'on est dans la norme ou qu'on en est exclu. Si les implications ne sont pas les m&#234;mes, les r&#233;actions seront alors aussi diff&#233;rentes et c'est seulement ainsi que les opprim&#233;-e-s, acteur-trice-s de leurs luttes tendront vers l'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lcr.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH500/feminine-0f98e.jpg?1311599738' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Articulation des oppressions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour chaque rapport social de sexe, de race ou de classe, le groupe dominant opprime le groupe domin&#233; en imposant des situations, des pratiques ou des normes qui ne lui correspondent pas. Cependant, tou-te-s les opprim&#233;-e-s ne font pas la m&#234;me exp&#233;rience de la domination : &#171; &lt;i&gt;Une certaine Johnnie Tillmon &#233;crivit en 1972 : &lt;/i&gt;&#034;Je suis femme. Je suis noire. Je suis pauvre et je suis grosse. Je suis d'&#226;ge moyen. Et je touche des allocations sociales [...] J'ai &#233;lev&#233; 6 enfants [...] J'ai grandi en Arkansas, o&#249; j'ai travaill&#233; 15 ans dans une blanchisserie avant de venir en Californie en 1963, je suis tomb&#233;e trop malade pour pouvoir continuer &#224; travailler. Des amis m'ont aid&#233;e &#224; obtenir des aides sociales. Les allocations, c'est comme les accidents de la route, &#231;a peut arriver &#224; n'importe qui mais &#231;a arrive surtout aux femmes. Et c'est pour &#231;a que les allocations sociales sont un probl&#232;me f&#233;minin. Pour pas mal de femmes des classes moyennes de ce pays, la lib&#233;ration de la femme est une question de prise de conscience. Pour celles qui vivent avec les allocations, c'est une question de &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zinn Howard, Une histoire populaire des &#201;tats-Unis, p. 579.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Johnnie Tillmon exprime ici que les femmes des classes moyennes ne vivent pas le patri&#173;arcat de la m&#234;me fa&#231;on que les femmes de milieu populaire, et l'oppression raciale vient sans doute renforcer cette diff&#233;rence. Pour aller plus loin, on peut ici pointer une des limites de la strat&#233;gie d'int&#233;gration (qui consiste &#224; esquiver l'oppression par la volont&#233; de r&#233;ussir comme si l'on faisait partie du groupe dominant) : il est plus facile de s'int&#233;grer lorsqu'on est victime d'une seule oppression. Si, aujourd'hui, des femmes sont de plus en plus dipl&#244;m&#233;es et acc&#232;dent &#224; des emplois n&#233;cessitant une certaine qualification, des femmes victimes du racisme restent tr&#232;s majoritairement cantonn&#233;es &#224; des emplois pr&#233;caires. Des contre-exemples existent, mais pour une Rama Yade, femme et noire mais &#233;galement fille d'un diplomate s&#233;n&#233;galais ais&#233;, combien de femmes migrantes contraintes &#224; la pr&#233;carit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le capitalisme, les oppressions s'articulent &#224; l'exploitation. Vue dans la perspective de l'exploitation, les op&#173;pressions servent de points d'appui pour les d&#233;tenteurs du capital afin de perp&#233;tuer leur domination et ainsi poursuivre leur course au profit. Elles permettent bien sur de diviser les travailleurs et les travailleuses, et en ce sens on peut parler de &#171; diversion &#187; lorsque les attaques du gouvernement fran&#231;ais contre les Rroms pendant l'&#233;t&#233; 2010 passent au premier plan m&#233;diatique devant la crise &#233;conomique. Mais les oppressions n'ont pas qu'un r&#244;le id&#233;ologique : elles ont aussi des bases mat&#233;rielles, elles permettent directement d'arracher plus de valeur aux opprim&#233;-e-s qu'aux ouvriers blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail domestique permet ainsi de faire baisser la valeur de la force de travail, dans la mesure o&#249; une partie du co&#251;t de la vie des travailleur-se-s n'est pas pay&#233;. L'esclavage, lorsqu'il &#233;tait organis&#233; &#224; une &#233;chelle de masse, a sans doute &#233;t&#233; &#224; la base de l'accumulation primitive du capitalisme naissant. Aujourd'hui, la surexploitation des sans papiers en occident et plus encore des migrants en Chine est l'une des seules bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne d'un capitalisme asphyxi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'exploitation, qu'elle soit directe ou articul&#233;e avec une oppression,ne peut se maintenir &#224; long terme unique&#173;ment par la contrainte (justice, police, arm&#233;e). Le discours dominant entretient alors un couvert id&#233;ologique qui permet de maintenir l'ordre &#233;tabli &#224; moindre frais. C'est l&#224; qu'en France intervient l'universalisme, maintenant les &#171; autres &#187;, les non-blancs, h&#233;t&#233;ro, male, bourgeois et valides, dans des situations de domin&#233;s, et en fait des &#171; subalternes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gayatri Spivak, Les subalternes peuvent-elles parler ?, traduit en fran&#231;ais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les id&#233;ologies qui accompagnent les oppressions participent donc de la structure du pouvoir et acqui&#232;&#173;rent ainsi une autonomie vis-&#224;-vis de l'exploi&#173;tation &#233;conomique, &#224; laquelle elles ne se r&#233;duisent pas, m&#234;me &#171; en derni&#232;re analyse &#187;. Avec cette autonomie, chaque oppression se charge d'un potentiel &#233;mancipateur global : remettre en cause une oppression, ce n'est plus seulement priver les capitalistes de surprofits, c'est aussi se battre sur le terrain politique, opposer l&#233;gitimit&#233; et l&#233;galit&#233;, et finalement poser la question du pouvoir. Si aujourd'hui, il est th&#233;oriquement acquis qu'il n'existe pas un front principal, celui de la lutte des classes, et des fronts secondaires, les luttes antiracistes ou f&#233;ministes, notre pratique militante est encore h&#233;riti&#232;re de cette hi&#233;rarchisation : nous avons peine &#224; construire de v&#233;ritables fronts sur ces questions qui sont souvent rel&#233;gu&#233;es au second plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ne serait-ce que la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite remet ce type de fronts &#224; l'ordre du jour en particulier contre l'islamophobie, une des formes que prend le racisme, aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://lcr.quefaire.lautre.net/IMG/png/baudelique.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://lcr.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L500xH752/baudelique-29650.png?1311599738' width='500' height='752' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, consid&#233;rer qu'une oppression prime sur une autre ne permet pas de donner des perspectives politiques &#233;mancipatrices aux opprim-&#233;-s en lutte et pire, conduit &#224; leur division. Les victimes de l'oppression &#171; mineure &#187; sont alors somm&#233;es de &#171; s'int&#233;grer &#187;, de justifier leur attitude vis-&#224;-vis de l'oppression &#171; principale &#187; avant de pouvoir lutter contre la seconde. Sarkozy l'a bien compris. Surfant sur une aspiration &#224; l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes, il propose &#224; Fadela Amara de participer &#224; son gouvernement comme secr&#233;taire d'&#233;tat &#224; la ville, sous couvert de lutte contre le sexisme dans les quartiers populaires. Par ce biais, une version &#233;dulcor&#233;e de &#171; f&#233;minisme &#187;, se revendiquant d'une la&#239;cit&#233; parfois explicitement islamophobe, occulte les dominations sociales, raciales et culturelles en jeu. Cette pr&#233;tendue d&#233;monstration d'int&#233;gration r&#233;cuse toutes formes de critiques contre la R&#233;publique, pr&#233;sent&#233;e comme unique voie vers l'&#233;galit&#233;. En attendant, ce sont les musulman-e-s qui sont particuli&#232;rement stigmatis&#233;-e-s et l'&#233;pouvantail int&#233;griste agit&#233; par l'extr&#234;me droite, la droite et une partie de la gauche alimente cette forme parti&#173;culi&#232;re de racisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Daniel Bensaid, &lt;i&gt;Quand l'histoire nous d&#233;senchante&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; par Gilbert Wasserman, Ir&#232;ne Jami et Patrick Simon : &lt;a href=&#034;http://www.mouvements.info/Quand-l-histoire-nous-desenchante.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mouvements.info/Quand-l-histoire-nous-desenchante.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Metz( A.), &#171; Marguerite Durand et la belle &#233;poque du f&#233;minisme &#187;, in Metz( A.), Rochefort (F.) (dir.), &lt;i&gt;Photo Femmes F&#233;minisme&lt;/i&gt;, 1860-2010, Collection de la biblioth&#232;que Marguerite Durand, 2010, Paris biblioth&#232;ques, p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jami (I.), &#171; Forces et faiblesses du f&#233;minisme f&#233;minisme fran&#231;ais &#187;, in Dermenjian, (G.), Jami (I.), Rouquier (A.), Th&#233;baud (F.), &lt;i&gt;La place des femmes dans l'histoire, Une histoire mixte&lt;/i&gt;, p. 308.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dorlin (E), &lt;i&gt;Sexe, race, classe pour une &#233;pist&#233;mologie de la domination&lt;/i&gt;, 2009, PUF, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gray (J), &lt;i&gt;Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de V&#233;nus&lt;/i&gt;, 1999, J'ai Lu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guillaumin (C.), &lt;i&gt;Sexe, Race et Pratique du pouvoir&lt;/i&gt;, C&#244;t&#233;-femmes, 1992, p. 216.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fassin (D), &#171; Nommer, interpr&#233;ter. Le sens commun de la question raciale &#187;, in D. Fassin et E. Fassin, &lt;i&gt;De la question sociale &#224; la question raciale ?&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2006, 2009, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guillaumin (C), &lt;i&gt;L'id&#233;ologie raciste&lt;/i&gt;. Gen&#232;se &lt;br class='autobr' /&gt;
et langage actuel, Gallimard, Paris, 2002, cit&#233; par D. Fassin, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bereni.L, Chauvin.S, Jaunait.A, Revillard.A, &lt;i&gt;Introduction aux Gender Studies&lt;/i&gt;, De Boeck, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Volpp, (L) (2006). &#171; Quand on rend la culture responsable de la mauvaise conduite &#187;. &lt;i&gt;Nouvelles Questions F&#233;ministes&lt;/i&gt;, 25 (3), 14-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. Debarbieux. Et al., &#171; Le construit &#171; ethnique &#187; de la violence &#187; in Charlot B., Emin J.C., &lt;i&gt;Violences &#224; l'&#233;cole. &#233;tat des savoirs&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zinn Howard, &lt;i&gt;Une histoire populaire des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt;, p. 579.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gayatri Spivak, &lt;i&gt;Les subalternes peuvent-elles parler ?&lt;/i&gt;, traduit en fran&#231;ais en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le titre de cet article vient de celui du livre de Gloria Hull, Patricia Bell Scott et Barbara Smith &lt;i&gt;All the women are white, all the blacks are men, but some of us are brave&lt;/i&gt;, sur le black feminism, 1982.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://lcr.quefaire.lautre.net/IMG/pdf/some_of_us_are_brave.pdf" length="908875" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La strat&#233;gie des r&#233;volutionnaires dans les entreprises des &#171; ann&#233;es 68 &#187;</title>
		<link>https://lcr.quefaire.lautre.net/La-strategie-des-revolutionnaires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lcr.quefaire.lautre.net/La-strategie-des-revolutionnaires</guid>
		<dc:date>2009-10-13T23:23:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lisbeth Sal</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La p&#233;riode des &#171; ann&#233;es 68 &#187; s'ouvre sur mai 68 et plus particuli&#232;rement sur les accords de Grenelle, v&#233;cus comme une trahison par une frange importante de gr&#233;vistes. Les luttes ouvri&#232;res sont permanentes et les fa&#231;ons traditionnelles de les mener sont remises en cause par de plus en plus d'ouvriers et d'ouvri&#232;res qui r&#233;clament davantage de d&#233;mocratie dans l'organisation de la gr&#232;ve et des actions plus radicales (s&#233;questrations de la direction, occupation de l'usine jusqu'&#224; satisfaction des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no08-mai-juillet" rel="directory"&gt;Que Faire ? - LCR - n&#176;08 - Mai / Juillet 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/Syndicalisme" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La p&#233;riode des &#171; &lt;i&gt;ann&#233;es 68&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G.Dreyfus-Armand, R.Frank, M-F.Levy et M.Zancarini-Fournel (dir.), Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'ouvre sur mai 68&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien qu'on puisse aussi consid&#233;rer que le mouvement de mai juin 68 est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et plus particuli&#232;rement sur les accords de Grenelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les accords de Grenelle, conclu le 27 mai 1968 entre les directions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, v&#233;cus comme une trahison par une frange importante de gr&#233;vistes. Les luttes ouvri&#232;res sont permanentes et les fa&#231;ons traditionnelles de les mener sont remises en cause par de plus en plus d'ouvriers et d'ouvri&#232;res qui r&#233;clament davantage de d&#233;mocratie dans l'organisation de la gr&#232;ve et des actions plus radicales (s&#233;questrations de la direction, occupation de l'usine jusqu'&#224; satisfaction des revendications). Au fond, cette p&#233;riode est marqu&#233;e par une disjonction croissante entre les ouvriers et les ouvri&#232;res et le mouvement ouvrier traditionnel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comprenant les organisations syndicales et les organisations politiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, le PCF recule dans les entreprises et la CGT comme la CFDT se trouvent souvent pouss&#233;s par la pression d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'ouvriers combatifs qui prend l'initiative des gr&#232;ves. Cette nouvelle classe ouvri&#232;re voit par ailleurs &#233;merger de nouveaux acteurs que sont les femmes, les OS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouvriers Sp&#233;cialis&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les immigr&#233;s qui sont souvent surexploit&#233;s et marginalis&#233;s et dont les revendications sont sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations d'extr&#234;me gauche sortent de la marginalit&#233; dans la foul&#233;e du mouvement de mai-juin. Dans la p&#233;riode, elles jouent un r&#244;le essentiel et de plus en plus audible dans la d&#233;nonciation des directions syndicales, de la politique du PCF, ainsi que dans la promotion des comit&#233;s de gr&#232;ve et de l'auto-organisation. Les jeunes ouvriers sont sensibles aux discours de l'extr&#234;me gauche mais restent en retrait des organisations qui leur paraissent trop li&#233;es au milieu &#233;tudiant. En effet, les organisations r&#233;volutionnaires sont souvent majoritairement compos&#233;es de jeunes scolaris&#233;s. Par exemple, en 1969, ils repr&#233;sentent 70% de la LC&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J-P.Salles, La ligue communiste r&#233;volutionnaire : instrument du grand soir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les ouvriers restent minoritaires dans les organisations alors qu'ils sont d&#233;terminants dans la strat&#233;gie des r&#233;volutionnaires. Chacune des organisations r&#233;pond diff&#233;remment &#224; cette contradiction et d&#233;veloppe une orientation politique particuli&#232;re dont les implications concr&#232;tes varient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement de Mai-juin 68&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un peu partout dans les entreprises, l'initiative des gr&#232;ves de mai-juin 68 revient aux jeunes. Par exemple, &#224; Renault Cl&#233;on&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1968, Renault Cl&#233;on est la deuxi&#232;me usine &#224; se mettre en gr&#232;ve avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est suite &#224; un petit d&#233;brayage d'initiative syndicale que les ouvriers n'ont pas repris le travail et ont contraint les organisations syndicales &#224; les suivre si elles ne voulaient pas se trouver en retrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve &#224; Renault Cl&#233;on, les &#233;tudiants de Rouen alors en gr&#232;ve se d&#233;clarent en solidarit&#233; avec les ouvriers de Renault Cl&#233;on. Des liens se nouent progressivement malgr&#233; l'hos tilit&#233; des responsables syndicaux. Au moment de la reprise du travail, l'&#233;cart entre les revendications, les espoirs sou lev&#233;s par le mouvement de mai-juin 68 et les r&#233;sultats facilitent la jonction avec la mouvance r&#233;volutionnaire. Les groupes de jeunes ouvriers combatifs constitu&#233;s au moment du mouvement de mai-juin 68 sont les moteurs des luttes qui &#233;mailleront les ann&#233;es 70 et favorisent l'implantation de l'extr&#234;me gauche dans les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin, douze organisations d'extr&#234;me gauche sont dissoutes dont la JCR, l'OCI, VO, l'UJC(ml) et le PCMLF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La JCR et VO sont des organisations trotskystes tandis que l'UJC(ml) et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les militants entrent alors dans la clandestinit&#233; avant de r&#233;appara&#238;tre publiquement sous un autre nom quelques mois plus tard. La lutte contre les &#171; &lt;i&gt;gauchistes&lt;/i&gt; &#187; est alors &#224; son comble tant de la part du gouvernement que de la CGT et du PCF. La CFDT est moins hostile aux militants d'extr&#234;me gauche. Quoi qu'il en soit. le mouvement de mai-juin 68 a permis de lib&#233;rer un espace pour les r&#233;volutionnaires. Tout en restant minoritaires, ils jouent dor&#233;navant un r&#244;le non n&#233;gligeable dans les usines dans lesquelles ils sont implant&#233;s. Leur pr&#233;sence modifie le champ politique de l'usine. En permanence, les syndicats et le PCF doivent d&#233;sormais se d&#233;finir par rapport &#224; une gauche qui les talonne, qui les pousse &#224; aller plus loin dans les revendications comme dans les actions, qui les critique voire qui tente de les discr&#233;diter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les entreprises, une intervention prioritaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'intervention dans les entreprises est centrale pour les organisations d'extr&#234;me gauche. Pour LO, cela a toujours &#233;t&#233; le cas ; pour la LC et les mao&#239;stes, cela devient d'autant plus crucial que les organisations analysent la p&#233;riode comme potentiellement r&#233;volutionnaire. Les militants d'extr&#234;me gauche sont convaincus de la &#171; &lt;i&gt;centralit&#233; de la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. En effet, parce que la classe ouvri&#232;re est nombreuse, qu'elle est concentr&#233;e dans des centres urbains ou de grandes entreprises, qu'elle produit les richesses de la soci&#233;t&#233; et qu'elle les produit collectivement, la classe ouvri&#232;re est la seule capable d'emmener les autres couches de la soci&#233;t&#233; vers la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont &#233;galement convaincus qu'il faut tendre vers un parti ouvrier r&#233;volutionnaire, car seule son organisation peut permettre &#224; la classe ouvri&#232;re d'accomplir sa t&#226;che historique. Pour cela, il est n&#233;cessaire de recruter des ouvriers &#171; &lt;i&gt;Pour qu'il existe un parti r&#233;volutionnaire, il faut qu'il existe aussi des milliers d'ouvriers r&#233;volutionnaires qui en constituent le noyau essentiel&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Lourseiev, &#171; Lutte ouvri&#232;re &#187; ou la &#171; tendance prol&#233;tarienne &#187;, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une fois organis&#233;s, ces ouvriers deviendront des &#171; &lt;i&gt;cadres&lt;/i&gt; &#187; de la classe ouvri&#232;re, ce qui signifie qu'ils seront capables de la diriger et de l'entra&#238;ner vers la r&#233;volution. En effet, il ne s'agit pas seulement de recruter un &#224; un des ouvriers, les r&#233;volutionnaires doivent aussi &#234;tre &#224; l'initiative de luttes pour plusieurs raisons. Tout d'abord, parce qu'il n'est pas possible de se laisser imposer l'augmentation des cadences, le ch&#244;mage technique, etc., sans r&#233;agir : ce qui permet de gagner de nouveaux acquis ou d'emp&#234;cher la d&#233;gradation des conditions de travail, par exemple, c'est le rapport de forces qui existe dans l'entreprise. Ensuite, c'est une fa&#231;on de montrer aux ouvriers qu'il ne faut pas attendre que les organisations syndicales appellent &#224; des d&#233;brayages. D'une part parce qu'elles n'y appellent que si elles sentent que cela correspond &#224; une combativit&#233;. D'autre part, parce que, pour les r&#233;volutionnaires. c'est une fa&#231;on de prouver aux ouvriers et aux organisations syndicales qu'il existe potentiellement une direction alternative. Enfin, une victoire obtenue par la lutte renforce la confiance dans ses propres forces. C'est faire la d&#233;monstration que collectivement, on est plus fort et que l'on peut gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre en pratique cette orientation, l'enjeu est l'implantation des r&#233;volutionnaires dans les entreprises qui elle est alors en de&#231;&#224; des n&#233;cessit&#233;s, quelle que soit l'analyse que les organisations font de la p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle classe ouvri&#232;re ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit alors, plus que jamais, d'&#234;tre implant&#233; dans la classe ouvri&#232;re. Pour ce faire, les organisations d'extr&#234;me gauche ont des strat&#233;gies diff&#233;rentes li&#233;es &#224; des conceptions diff&#233;rentes de la classe ouvri&#232;re. En effet, la conception mao&#239;ste de la classe ouvri&#232;re est tr&#232;s diff&#233;rente de celle des trotskystes. Les premiers consid&#232;rent que les aspirations r&#233;volutionnaires sont pr&#233;sentes dans la classe ouvri&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Les id&#233;es justes&lt;/i&gt; &#187; &#233;tant &#171; &lt;i&gt;dans les masses&lt;/i&gt; &#187;, le r&#244;le des r&#233;volutionnaires n'&#233;tait pas tant de r&#233;veiller la classe que de lui faire prendre conscience de ses propres aspirations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Dressen, De l'amphi &#224; l'&#233;tabli &#8211; Les &#233;tudiants mao&#239;stes &#224; l'usine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la conception trotskyste, la classe ouvri&#232;re n'est pas spontan&#233;ment r&#233;volutionnaire. Elle est spontan&#233;ment trade- unioniste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#233;nine, Que faire ?&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans la mesure o&#249; elle se bat pour de meilleures conditions de travail, des augmentations de salaires sans n&#233;cessairement que des syndicats soient &#224; l'origine du mouvement revendicatif. Elle n'est pas spontan&#233;ment r&#233;volutionnaire, ce qui signifie que sans intervention ext&#233;rieure, elle ne peut comprendre globalement le syst&#232;me et savoir comment le changer. Le rapport des trotskystes &#224; la classe ouvri&#232;re est donc bien diff&#233;rent de celui des mao&#239;stes. Ces derniers sont plus dans l'&#233;coute de la classe ouvri&#232;re, comme s'ils avaient des choses &#224; apprendre d'elle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les mao&#239;stes menaient d'ailleurs de nombreuses enqu&#234;tes aupr&#232;s &#171; des masses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#234;me s'il faut aider les ouvriers &#224; les formuler et les d&#233;barrasser de leurs illusions sur les organisations syndicales. De leur c&#244;t&#233;, les trotskystes cherchent &#224; apporter des id&#233;es, une compr&#233;hension du monde, la conscience de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution &#224; cette classe ouvri&#232;re qui ne per&#231;oit pas tout. Nous n'&#233;voquons pas ici l'exemple de l'OCI dont nous savons que le recrutement reste essentiellement &#233;tudiant malgr&#233; la pr&#233;sence d'ouvriers &#231;a et l&#224;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; Sud-Aviation de Bouguenais, premi&#232;re entreprise en gr&#232;ve avec occupation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LO, la &#171; &lt;i&gt;tendance prol&#233;tarienne&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans sa brochure LO et le mouvement trotskyste, LO explique tandis qu'elle &#233;voque rapidement l'histoire de son courant que &#171; &lt;i&gt;parce que Voix Ouvri&#232;re &#233;tait un tout petit groupe, elle estimait qu'il fallait consacrer toutes ses forces &#224; s'implanter dans la classe ouvri&#232;re et uniquement &#224; cela&lt;/i&gt; &#187;. Par ailleurs, c'est aux &#171; &lt;i&gt;travailleurs du rang&lt;/i&gt; &#187; qu'il est n&#233;cessaire de s'adresser. Dans le travail ouvrier de LO, c'est un axe central. Ce n'est pas prioritairement en direction des ouvriers d&#233;j&#224; organis&#233;s dans les syndicats qu'il est question d'intervenir : ce travail doit &#234;tre &#171; &lt;i&gt;subordonn&#233; au travail dans la masse de la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Enfin, pour gagner la confiance de la classe ouvri&#232;re, elle souhaite se d&#233;marquer de l'image du gauchiste &#171; &lt;i&gt;chevelu et fumeur de joint&lt;/i&gt; &#187;. Finalement, LO est l'organisation trotskyste la plus implant&#233;e dans les entreprises dans cette d&#233;cennie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#232;s 1966, les renseignements g&#233;n&#233;raux estiment &#224; une quarantaine le nombre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de la LCR, cette strat&#233;gie de LO pour construire le parti r&#233;volutionnaire consisterait en une accumulation lin&#233;aire de militants ouvriers. Cela revient &#224; consid&#233;rer que LO n'int&#232;gre pas les &#233;volutions de la soci&#233;t&#233; dans son orientation politique et continue son chemin quoi qu'il arrive. La brochure, Lutte ouvri&#232;re ou la &#171; &lt;i&gt;tendance prol&#233;tarienne&lt;/i&gt; &#187; recense les principales critiques de la LCR &#224; l'&#233;gard de l'intervention ouvri&#232;re de LO. L'auteur y d&#233;nonce alors ce qu'il appelle l'ouvri&#233;risme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La LC puis LCR, une &#233;laboration permanente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, la LC &#233;labore une strat&#233;gie en direction de la classe ouvri&#232;re adapt&#233;e &#224; son implantation essentiellement &#233;tudiante, c'est-&#224;-dire qui s'efforce de tirer le meilleur parti de sa capacit&#233; de mobilisation acquise dans la jeunesse scolaris&#233;e. Dans la foul&#233;e de mai 1968, la LC a recrut&#233; de nombreux &#233;tudiants et lyc&#233;ens. En revanche, elle reste peu implant&#233;e dans la classe ouvri&#232;re. Finalement, c'est une strat&#233;gie baptis&#233;e la Dialectique des Secteurs d'lntervention (DSI) qui sera adopt&#233;e : &#171; &lt;i&gt;La t&#226;che essentielle des militants r&#233;volutionnaires est aujourd'hui sur l'acquis et sur la base de leur implantation dans des secteurs importants de la jeunesse scolaris&#233;e lyc&#233;enne et &#233;tudiante - et &#224; partir des forces et de l'audience que leur a values l'animation de luttes de masses - anti-imp&#233;rialistes, anti-capitalistes - d'organiser, d'&#233;duquer l'avant-garde ouvri&#232;re, de lui permettre d'appara&#238;tre, de se lier &#224; la classe ouvri&#232;re dans son ensemble au travers de chacune de ses manifestations, de ses luttes quotidiennes. &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rouge (hebdomadaire) n&#176;12, le 19 f&#233;vrier 1969.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne s'agit donc pas de s'implanter dans la classe ouvri&#232;re directement, il s'agit plut&#244;t de la mettre en mouvement en partant de l&#224; o&#249; sont implant&#233;s l'essentiel des militants, c'est-&#224;-dire dans la &#171; &lt;i&gt;p&#233;riph&#233;rie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez vite, la LC r&#233;&#233;value son orientation et prend conscience des limites de la DSI. Lors du premier congr&#232;s de la LCR, en d&#233;cembre 1974, les militants adoptent une nouvelle orientation : &#171; &lt;i&gt;la dialectique dite de la p&#233;riph&#233;rie vers le centre visant &#224; s'appuyer sur les secteurs lyc&#233;en, &#233;tudiant et enseignant &#224; la fois pour les apparitions centrales et l'accumulation primitive de forces au sein des entreprises est d&#233;pass&#233;e aujourd'hui &#224; l'&#233;chelle nationale&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1er congres de la LCR : Th&#232;ses, p. 70.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette strat&#233;gie fait place &#224; une strat&#233;gie plus &#171; &lt;i&gt;classique&lt;/i&gt; &#187;, qui met v&#233;ritablement au centre le travail ouvrier. La LCR &#233;voque alors l'existence d'une Avant-Garde Ouvri&#232;re Large qu'elle d&#233;finit comme &#171; &lt;i&gt;une couche de travailleurs qui, &#224; partir des luttes, acquiert la conscience de la n&#233;cessit&#233; de s'organiser de mani&#232;re collective et durable et qui est &#224; l'origine des ripostes aux attaques patronales. Ce sont des travailleurs qui sont capables de d&#233;clenche, de stimuler et d'orienter les luttes des larges masses. [...] [Ils] peuvent &#234;tre amen&#233;s [...] &#224; s'opposer &#224; un ou des aspects de la politique des r&#233;formistes, et de l&#224;, &#224; acqu&#233;rir une d&#233;fiance vis-&#224;-vis des appareils bureaucratiques et de leur politique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2e congr&#232;s de la LCR : Th&#232;ses, Montreuil, &#201;ditions de la taupe rouge, 1977, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Finalement, cette AGOL correspond aux jeunes ouvriers combatifs &#224; l'initiative des gr&#232;ves depuis le mouvement de Mai-juin 68. L'enjeu est donc la conqu&#234;te, le recrutement de cette AGOL&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1er congr&#232;s de la LCR : Th&#232;ses, p. 77.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour autant, int&#233;grer des ouvriers &#224; une organisation essentiellement compos&#233;e d'&#233;tudiants soul&#232;ve des questions quant au mode de vie que l'organisation impose, m&#234;me inconsciemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa brochure LO dans le mouvement trotskyste, la principale critique de LO &#224; l'&#233;gard de l'intervention ouvri&#232;re de la LCR est qu'elle n'intervient qu'en direction du mouvement ouvrier organis&#233;, c'est-&#224;-dire essentiellement syndical, tandis qu'il s'agit selon LO de s'adresser &#224; tous les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#171; &lt;i&gt;tournants ouvriers&lt;/i&gt; &#187; de la LCR et l'&#171; &lt;i&gt;&#233;tablissement&lt;/i&gt; &#187; mao&#239;ste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; deux reprises, en 1974 et en 1979, la LCR op&#232;re ce qu'elle appelle des &#171; &lt;i&gt;tournants ouvriers&lt;/i&gt; &#187;. En plus de la pr&#233;occupation permanente du recrutement dans la classe ouvri&#232;re, il s'agit aussi d'encourager des militants de l'organisation en recherche d'emploi ou encore &#233;tudiants &#224; s'embaucher, de pr&#233;f&#233;rence dans des &#171; &lt;i&gt;bastions ouvriers&lt;/i&gt; &#187;. La LCR appelle ainsi les entreprises qui pr&#233;sentent &#224; la fois une certaine importance strat&#233;gique, des conditions concr&#232;tes de radicalisation, une vie politique et syndicale avec un rapport de forces favorable au mouvement ouvrier. Les r&#233;sultats du premier tournant ouvrier sont peu significatifs. Ce n'est pas le cas du second qui entra&#238;ne plusieurs centaines de militants dans les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des mao&#239;stes, c'est d&#232;s 1967 que des &#233;tudiants ont commenc&#233; &#224; s'&#233;tablir dans des entreprises. Cette d&#233;cision est le produit d'une analyse de la p&#233;riode qui met en avant l'existence d'un noyau d'ouvriers radicalis&#233;s, en insistant plus particuli&#232;rement sur le r&#244;le des OS et des immigr&#233;s. Ils parviennent souvent &#224; nouer des rapports de confiance avec les ouvriers mais ils restent &#233;ph&#233;m&#232;res. En effet, souvent embauch&#233;s avec des contrats provisoires, ils se font rapidement licencier car ils sont trop activistes et tr&#232;s rapidement rep&#233;r&#233;s sans avoir r&#233;ussi &#224; construire un collectif ouvrier militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, deux &#224; trois milliers de militants, dont 30 % de filles, se sont &#233;tablis entre 1967 et la fin des ann&#233;es 70&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Dressen, &#171; L'&#233;tablissement mao&#239;ste &#187; in La France des ann&#233;es 1968, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;tablissement des trotskystes, m&#234;me s'il a &#233;t&#233; beaucoup moins important que chez les mao&#239;stes, a souvent &#233;t&#233; plus durable. En effet, comme le soul&#232;ve Marnix Dressen, les &#233;tablis mao&#239;stes sacralisaient la classe ouvri&#232;re. Alain Geismar, porte parole de l'ex-GP, d&#233;clare &#224; son proc&#232;s : &#171; &lt;i&gt;Les ouvriers sont nos ma&#238;tres&lt;/i&gt; &#187;. Souvent, apr&#232;s quelques mois d'&#233;tablissement, il semble que les mao&#239;stes soient d&#233;&#231;us, d&#233;sillusionn&#233;s, ce qui n'est pas le cas des trotskystes qui ont une vision plus nuanc&#233;e de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'intervention syndicale dans une d&#233;cennie d'&#171; &lt;i&gt;insubordination ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#224; partir de 1969, la GP s'attache &#224; construire une organisation ouvri&#232;re sans et contre les syndicats, ce qui se traduit dans les usines par un anti-syndicalisme assez syst&#233;matique m&#234;me si progressivement, certains militants mao&#239;stes &#233;voluent. Ce n'est pas le cas des organisations trotskystes dont les militants d'entreprise adh&#232;rent aux syndicats m&#234;me s'ils ne les m&#233;nagent pas, critiquant leur bureaucratisation, leurs trahisons etc. Les ann&#233;es post-68 sont marqu&#233;es par une hostilit&#233; importante de la CGT et du PCF &#224; l'&#233;gard des r&#233;volutionnaires. Ils sont alors souvent emp&#234;cher d'adh&#233;rer &#224; la CGT ou de devenir d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel pour la CGT. Les trotskystes ont alors le choix entre construire un rapport de force fond&#233; sur la confiance dans l'entreprise pour contraindre la CGT&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; Renault Cl&#233;on, les ouvriers sont all&#233;s jusqu'&#224; faire gr&#232;ve pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou s'organiser &#224; la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au moment des gr&#232;ves, nombreuses dans cette d&#233;cennie &#171; &lt;i&gt;d'insubordination ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;X. Vigna, L'insubordination ouvri&#232;re dans les ann&#233;es 68, Essai d'histoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que les strat&#233;gies des r&#233;volutionnaires et des syndicats s'oppo sent le plus frontalement. Les trotskystes se battent alors pour une gestion d&#233;mocratique de la gr&#232;ve, ce qui implique des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cisionnelles o&#249; se tiennent de v&#233;ritables d&#233;bats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales lors des gr&#232;ves des &#171; ann&#233;es 68 &#187; ressemblent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus qui ne soient pas le regroupement des organisations syndicales. La seconde bataille centrale des r&#233;volutionnaires dans cette d&#233;cennie est la g&#233;n&#233;ralisation des gr&#232;ves. En effet, les gr&#232;ves sont nombreuses, un peu partout en France, et certaines sont longues avec occupation voire relance de la produc tion. Il s'agit selon les r&#233;volutionnaires de tendre &#224; unifier l'ensemble de ces luttes. Cette strat&#233;gie va syst&#233;matiquement &#224; l'encontre de celle des organisations syndicales qui cherchent &#224; contr&#244;ler tout mouvement et pour cela, freinent toute g&#233;n&#233;ralisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apprendre de nos exp&#233;riences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de mai-juin 68 est donc un catalyseur dans l'implantation de l'extr&#234;me gauche dans les entreprises. La p&#233;riode ouverte est potentiellement r&#233;volutionnaire pour certaines organisa tions. Il s'agit alors de se mettre en or dre de bataille et d'&#234;tre l&#224; ou l'&#233;conomie peut &#234;tre bloqu&#233;e tout en &#233;tant principa lement compos&#233;s de jeunes scolaris&#233;s. La contradiction est immense compte tenu de l'urgence de la situation, de l'&#233;cho croissant des r&#233;volutionnaires, du discr&#233;dit progressif et nuanc&#233; des or ganisations traditionnelles du mouve ment ouvrier, des gr&#232;ves nombreuses qui posent la question de quelle soci&#233;t&#233; construire pour une frange importante de jeunes ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, les diverses strat&#233;gies se placent dans des temporalit&#233;s diff&#233;rentes allant de &#171; &lt;i&gt;tout, tout de suite, main&#173;tenant&lt;/i&gt; &#187; pour les mao&#239;stes, &#224; continuons &#224; &#171; &lt;i&gt;enfiler notre collier de perle&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;taphore utilis&#233;e par Lourseiev dans la brochure &#171; Luttte ouvri&#232;re &#187; ou la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour LO, en passant par des r&#233;flexions tr&#232;s th&#233;oriques de la part de la LC puis de la LCR qui n'ont que peu d'impact dans la pratique quotidienne des militants de la LC. Finalement, la strat&#233;gie des mao&#239;stes les a &#233;puis&#233;s tandis que celle des trotskystes a finalement permis une pr&#233;&#173;sence sur la dur&#233;e dans les entreprises et plus largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines questions de strat&#233;gie pos&#233;es par cette d&#233;cennie d'&#171; &lt;i&gt;insubordination ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187; sont encore cruciales aujourd'hui. Il n'est pas question ici de plaquer une p&#233;riode politique sur une autre, car les caract&#233;ristiques sont diff&#233;&#173;rentes m&#234;me s'il y des points communs. Il s'agit de mieux comprendre certains &#233;cueils dans lesquelles notre mouvance a pu tomber. &#192; l'heure ou nous lan&#231;ons un nouveau parti anticapitaliste, r&#233;fl&#233;chir &#224; notre implantation dans les entreprises est fondamental. De m&#234;me, r&#233;fl&#233;chir &#224; nos pratiques militantes pour permettre l'int&#233;gration de militants plus ou moins investis. Enfin et surtout, r&#233;fl&#233;chir &#224; l'articulation entre &#233;laboration politique et activit&#233;s, priorit&#233;s ou t&#226;ches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G.Dreyfus-Armand, R.Frank, M-F.Levy et M.Zancarini-Fournel (dir.), &lt;i&gt;Les ann&#233;es 68. Le temps de la contestation&lt;/i&gt;, Bruxelles, Complexe, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bien qu'on puisse aussi consid&#233;rer que le mouvement de mai juin 68 est lui-m&#234;me le produit des ann&#233;es ant&#233;rieures durant lesquelles &#233;merge une s&#233;rie de mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les accords de Grenelle, conclu le 27 mai 1968 entre les directions syndicales, les organisations patronales et le gouvernement aboutissent essentiellement &#224; une augmentation de 35 % du SMIG et de 10 % en moyenne des salaires r&#233;els. Ils pr&#233;voient aussi la cr&#233;ation de la section syndicale d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comprenant les organisations syndicales et les organisations politiques repr&#233;sentant traditionnellement les ouvriers et les ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ouvriers Sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J-P.Salles, &lt;i&gt;La ligue communiste r&#233;volutionnaire : instrument du grand soir ou lieu d'apprentissage&lt;/i&gt; (1968-1981), PUR, 2005, p138.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 1968, Renault Cl&#233;on est la deuxi&#232;me usine &#224; se mettre en gr&#232;ve avec occupation apr&#232;s Sud-Aviation &#224; Bouguenais, pr&#232;s de Nantes, entra&#238;nant non seulement l'ensemble de la r&#233;gie mais aussi d'autres entreprises de l'agglom&#233;ration rouennaise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La JCR et VO sont des organisations trotskystes tandis que l'UJC(ml) et le PCMLF sont des organisations mao&#239;stes. Peu apr&#232;s, La JCR devient la LCR, VO devient LO, l'UJC(ml) devient la GP et le PCMLF &#233;clate en plusieurs groupes dont l'un produit le journal L'Humanit&#233; Rouge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. Lourseiev, &lt;i&gt;&#171; &lt;i&gt;Lutte ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187; ou la &#171; &lt;i&gt;tendance prol&#233;tarienne&lt;/i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, Paris, Masp&#233;ro, collection cahiers rouges, 1971. Brochure collective de la LCR, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Dressen, &lt;i&gt;De l'amphi &#224; l'&#233;tabli &#8211; Les &#233;tudiants mao&#239;stes &#224; l'usine (1967-1989)&lt;/i&gt;, Paris, Belin, 2002, p.124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;nine, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1902/02/19020200g.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Que faire ?&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les mao&#239;stes menaient d'ailleurs de nombreuses enqu&#234;tes aupr&#232;s &#171; &lt;i&gt;des masses&lt;/i&gt; &#187;. Mao Zedong d&#233;fend l'id&#233;e qu'il ne faut pas se trouver en ext&#233;riorit&#233; dans &#171; &lt;i&gt; le travail de masse&lt;/i&gt; &#187;. Les militants doivent apprendre &#224; conna&#238;tre les conditions de vie et les aspirations du peuple : &#171; &lt;i&gt;Qui n'a pas fait d'enqu&#234;te n'a pas droit &#224; la parole&lt;/i&gt; &#187;, cit&#233; in &lt;i&gt;De l'amphi &#224; l'&#233;tabli...&lt;/i&gt;, op cit., p. 191.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; Sud-Aviation de Bouguenais, premi&#232;re entreprise en gr&#232;ve avec occupation en 68, nous connaissons la pr&#233;sence d'un ouvrier de l'OCI, Yvon Rocton dont l'intervention a &#233;t&#233; non n&#233;gligeable au moment du mouvement du mai-juin 68.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#232;s 1966, les renseignements g&#233;n&#233;raux estiment &#224; une quarantaine le nombre de bulletins d'entreprises que l'organisation r&#233;dige.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rouge&lt;/i&gt; (hebdomadaire) n&#176;12, le 19 f&#233;vrier 1969.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1er congres de la LCR : &lt;i&gt;Th&#232;ses&lt;/i&gt;, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;2e congr&#232;s de la LCR : Th&#232;ses, Montreuil, &#201;ditions de la taupe rouge, 1977, p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;1er congr&#232;s de la LCR : &lt;i&gt;Th&#232;ses&lt;/i&gt;, p. 77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Dressen, &#171; L'&#233;tablissement mao&#239;ste &#187; in &lt;i&gt;La France des ann&#233;es 1968&lt;/i&gt;, Syllepse, Paris, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; Renault Cl&#233;on, les ouvriers sont all&#233;s jusqu'&#224; faire gr&#232;ve pour contraindre la CGT &#224; accepter un militant de LO comme d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;X. Vigna, L'insubordination ouvri&#232;re dans les ann&#233;es 68, &lt;i&gt;Essai d'histoire politique des usines&lt;/i&gt;, PUR, Rennes, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales lors des gr&#232;ves des &#171; &lt;i&gt;ann&#233;es 68&lt;/i&gt; &#187; ressemblent souvent plus &#224; des meetings des organisations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#233;taphore utilis&#233;e par Lourseiev dans la brochure &lt;i&gt;&#171; Luttte ouvri&#232;re &#187; ou la &#171; tendance prol&#233;tarienne &#187;&lt;/i&gt;, qui signifie gagner un &#224; un des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
