<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://lcr.quefaire.lautre.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue Que Faire ?</title>
	<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
	<description>Site web de la revue &#034;Que Faire ?&#034;. Revue marxiste &#233;labor&#233;e par des militant-e-s du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et visant &#224; &#234;tre un outil pour contribuer &#224; &#233;laborer une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et &#224; unir des militant-e-s du NPA autour de cette &#233;laboration.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://lcr.quefaire.lautre.net/spip.php?id_auteur=70&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue Que Faire ?</title>
		<url>https://lcr.quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L144xH42/siteon0-99e09.png?1793536176</url>
		<link>http://quefaire.lautre.net/</link>
		<height>42</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le Parti r&#233;volutionnaire</title>
		<link>https://lcr.quefaire.lautre.net/Le-Parti-revolutionnaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lcr.quefaire.lautre.net/Le-Parti-revolutionnaire</guid>
		<dc:date>2009-10-07T10:59:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;once Aguirre</dc:creator>


		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des camarades sachant que j'&#233;tais en d&#233;saccord avec la conception du centralisme d&#233;mocratique telle qu'elle est exprim&#233;e par John Rees dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro de la revue Que faire ? m'ont demand&#233; d'y r&#233;agir. Je vais simplement faire quelques remarques disparates, discordantes et h&#233;t&#233;rodoxes &#224; propos de cette contribution, &#233;tant entendu que derri&#232;re cette question du centralisme d&#233;mocratique se cachent des probl&#232;mes plus g&#233;n&#233;raux, et notamment celui du parti r&#233;volutionnaire d'avant-garde. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/que-faire-lcr-no07-janvier-mars" rel="directory"&gt;Que Faire ? - LCR - n&#176;07 - Janvier / Mars 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://lcr.quefaire.lautre.net/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des camarades sachant que j'&#233;tais en d&#233;saccord avec la conception du centralisme d&#233;mocratique telle qu'elle &lt;a href='https://lcr.quefaire.lautre.net/Pourquoi-faut-il-un-parti' class=&#034;spip_in&#034;&gt;est exprim&#233;e par John Rees dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro&lt;/a&gt; de la revue &lt;i&gt;Que faire ?&lt;/i&gt; m'ont demand&#233; d'y r&#233;agir. Je vais simplement faire quelques remarques disparates, discordantes et h&#233;t&#233;rodoxes &#224; propos de cette contribution, &#233;tant entendu que derri&#232;re cette question du centralisme d&#233;mocratique se cachent des probl&#232;mes plus g&#233;n&#233;raux, et notamment celui du parti r&#233;volutionnaire d'avant-garde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;John Rees est obs&#233;d&#233; par la n&#233;cessaire coh&#233;rence et coh&#233;sion interne d'une organisation r&#233;volutionnaire qui &#171; &lt;i&gt;est n&#233;cessaire pour mener une strat&#233;gie et des tactiques correctes&lt;/i&gt; &#187;, et notamment une politique de front unique cons&#233;quente. Et de poser la question &#171; &lt;i&gt;Comment obtenir ce type de coh&#233;rence dans une organisation r&#233;volutionnaire, particuli&#232;rement quand elle op&#232;re sous la pression d'organisations plus larges, de forces politiques plus importantes dans le mouvement ?&lt;/i&gt; &#187; Pour lui, deux &#233;l&#233;ments permettent de r&#233;soudre le probl&#232;me, la m&#233;moire de la classe et le centralisme d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La m&#233;moire de classe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire de la classe, c'&#171; &lt;i&gt;est d'avoir dans l'organisation des cadres rompus &#224; l'histoire et aux traditions du mouvement&lt;/i&gt; &#187;. Et de pr&#233;ciser que &#171; &lt;i&gt;la th&#233;orie et la tradition sont &#224; la fois une appropriation des exp&#233;riences de l'histoire et une exp&#233;rience v&#233;cue &#224; partir du mouvement actuel. Donc, un cadre qui est exp&#233;riment&#233; pratiquement et ancr&#233; th&#233;oriquement est absolument essentiel pour &#233;mettre des jugements corrects dans le mouvement&lt;/i&gt; &#187;. Il ne s'agit pas de nier l'importance des exp&#233;riences historiques, mais il y a deux dangers &#224; &#233;viter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'un est de proc&#233;der par analogie, les r&#233;f&#233;rences historiques prenant le pas sur l'analyse de la situation concr&#232;te dans laquelle nous nous trouvons. Li&#233;e &#224; cette mani&#232;re de proc&#233;der, il y a parfois la manie des citations de Marx, de L&#233;nine ou de Trotsky. Le recours &#224; des citations de ces derniers, ou d'autres, comme argument d'autorit&#233; justifiant la justesse d'une orientation concr&#232;te dans une situation concr&#232;te rel&#232;ve &#224; mon avis d'une appr&#233;hension quasi religieuse de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette manie de la citation est quelque part li&#233;e au deuxi&#232;me danger :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de la lecture de l'article de John Rees se d&#233;gage quelque chose qui ressemble &#171; &lt;i&gt;&#224; une histoire officielle&lt;/i&gt; &#187; du parti. On a l'impression qu'un parti r&#233;volutionnaire doit avoir une appr&#233;hension commune de l'histoire du mouvement ouvrier, de ses diverses exp&#233;riences, sinon il manque de coh&#233;rence et de coh&#233;sion. Et c'est probl&#233;matique. Prenons un exemple : Cronstadt. En ce qui me concerne, je ne pense pas que Cronstadt ait &#233;t&#233; une tragique n&#233;cessit&#233;. Je pense au contraire qu'il s'agit d'un r&#233;v&#233;lateur de l'impasse &#224; laquelle conduisait la politique men&#233;e par le parti bolchevik et qu'un retour critique sur la p&#233;riode 1917/1923 est indispensable. Cette vision n'est malheureusement pas partag&#233;e par tous les r&#233;volutionnaires, loin s'en faut, mais est-ce que des lectures contradictoires de cet &#233;v&#233;nement et de la p&#233;riode 1917/1923 devraient emp&#234;cher de se retrouver dans la m&#234;me organisation ? &#192; mon avis, non, sur cette question, comme sur d'autres. Et ces diverses visions doivent pouvoir s'exprimer publiquement dans des livres, des revues et dans les &#233;coles de formation du parti r&#233;volutionnaire. Sauf &#224; penser que la compr&#233;hension de l'histoire rel&#232;ve elle aussi du centralisme d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le centralisme d&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;John Rees donne une d&#233;finition ultrarestrictive du centralisme d&#233;mocratique se r&#233;f&#233;rant, par ailleurs abusivement &#224; mon sens, &#224; L&#233;nine : &#171; &lt;i&gt;L&#233;nine le d&#233;fend ainsi : c'est la libert&#233; absolue des discussions, suivie par l'unit&#233; absolue dans l'action&lt;/i&gt; &#187;. Outre le fait que L&#233;nine l'ait dit ou pas de cette fa&#231;on ne me fait ni chaud, ni froid, il faudrait tout de m&#234;me commencer par rappeler que le d&#233;bat dans la social-d&#233;mocratie russe se d&#233;roulait sous le tsarisme, dans une situation marqu&#233;e par la r&#233;pression et &#224; la clandestinit&#233;, et dans des conditions sociales qui n'ont rien &#224; voir avec celles dans lesquelles nous intervenons aujourd'hui. De plus, cette vision du centralisme d&#233;mocratique est contradictoire avec toute l'histoire de la social-d&#233;mocratie russe et de ses deux fractions, les bolcheviks et les mencheviks, dont les rapports vont sans cesse fluctuer de 1903 &#224; 1917. John Rees pense-t-il s&#233;rieusement que les bolcheviks jusqu'en 1917 fonctionnaient suivant la r&#232;gle du centralisme d&#233;mocratique ou que L&#233;nine se pliait toujours aux d&#233;cisions prises lorsqu'il &#233;tait minoritaire ? Ce n'est qu'apr&#232;s la victoire de 1917 que des conceptions visant d'une part &#224; restreindre la d&#233;mocratie dans le parti, avec notamment cette erreur funeste qu'a &#233;t&#233; l'interdiction des fractions, et d'autre part &#224; imposer une discipline absolue dans l'action, ont vu le jour, l&#224; encore dans des conditions historiques tout &#224; fait particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Rees nous explique qu'&#171; &lt;i&gt;Un parti, particuli&#232;rement un parti minoritaire, ne peut &#234;tre efficace sans unit&#233;, qu''une fois que ces discussions ont eu lieu, parfois m&#234;me en fait avant que ces discussions aient lieu dans l'urgence d'une lutte, l'unit&#233; dans l'action est absolument essentielle&lt;/i&gt; &#187;. Ces affirmations sont pr&#233;sent&#233;es comme des &#233;vidences mais ne sont absolument pas d&#233;montr&#233;es. Mais en plus, la lecture attentive fait appara&#238;tre qu'en fait ce n'est pas tellement l'efficacit&#233; dans l'action qui pr&#233;occupe John Rees, mais les risques que le parti soit gangren&#233; par les pressions ext&#233;rieures, notamment dans le cadre d'une politique de front unique. &#201;videmment, il est pr&#233;f&#233;rable que le parti soit uni, qu'il m&#232;ne des campagnes impliquant toute l'organisation, que toutes ses militantes et militants interviennent sur la m&#234;me orientation dans les organisations de masse, etc. Mais voil&#224;, la vie est bien plus compliqu&#233;e. Il existe des moments o&#249; des militants estiment que l'ampleur des divergences non seulement les emp&#234;che d'appliquer l'orientation majoritaire, mais les conduit &#224; mettre en oeuvre une autre orientation que celle d&#233;cid&#233;e majoritairement par leur organisation. Au milieu des ann&#233;es quatre-vingtdix s'est constitu&#233; au sein de la Ligue une fraction publique, la Tendance R&#233;volution ! (TR !) qui estimait, &#224; tort ou &#224; raison, ce n'est pas ici l'objet du d&#233;bat, que l'orientation majoritaire de la Ligue &#233;tait une orientation gravement opportuniste &#224; l'&#233;gard de la gauche plurielle. Cette fraction &#233;ditait une revue avec la minorit&#233; de Lutte ouvri&#232;re, sortait ses propres tracts hebdomadaires sign&#233;s LCR - TR ! ou m&#234;me LCR tout court dans les sections o&#249; la TR ! &#233;tait majoritaire, &#233;ditait ses propres brochures, nouait des relations avec d'autres courants de l'extr&#234;me gauche et organisait m&#234;me &#224; certaines occasions ses propres initiatives publiques. Quatre ans plus tard, un processus de rapprochement avec la majorit&#233; de l'ancienne majorit&#233; s'enclenchait et aboutissait au congr&#232;s suivant &#224; la constitution d'une nouvelle majorit&#233;, dont la TR ! &#233;tait partie prenante. Quelles le&#231;ons peut-on en tirer ? L'&#233;l&#233;ment essentiel est l'importance de la reconnaissance du droit de fraction au sein d'une organisation, m&#234;me au sein d'une petite organisation r&#233;volutionnaire comme la LCR ou le SWP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de ne pas le reconna&#238;tre de mani&#232;re purement formelle. La direction de la Ligue, malgr&#233; son opposition radicale &#224; l'orientation de la TR !, avait accept&#233; de financer sur le budget de la Ligue un demi-permanent et une partie du fonctionnement de la TR !, cette derni&#232;re ayant par ailleurs ses propres cotisations. Je suis s&#251;r que cela est inconcevable au sein du SWP. Mais que ce serait-il pass&#233; si ce droit de fraction n'avait pas &#233;t&#233; reconnu ? Et bien, il y aurait eu une scission si la majorit&#233; de TR ! avait d&#233;cid&#233; de ne pas c&#233;der aux injonctions de la direction ou d'importants d&#233;parts de ses militant-e-s si elle avait accept&#233; de se soumettre &#224; la conception du centralisme d&#233;mocratique pr&#233;conis&#233;e par John Rees. Et la Ligue se serait consid&#233;rablement affaiblie, sans commune mesure avec les aspects n&#233;gatifs d'une division se manifestant y compris publiquement. Mais on peut aller m&#234;me plus loin : c'est la capacit&#233; &#224; tirer le bilan &#224; la fois de l'intervention majoritaire et de celle de la TR !, le tout li&#233; &#224; des changements dans la situation politique, qui a permis aux uns et aux autres, parce qu'il n'y a pas eu de ralliement ni d'un c&#244;t&#233;, ni de l'autre, de d&#233;passer les divergences. On pourrait aussi &#233;voquer l'&#233;pisode de la derni&#232;re campagne pr&#233;sidentielle, mais je pr&#233;f&#232;re le laisser de c&#244;t&#233;, l'histoire &#233;tant encore trop br&#251;lante pour pouvoir en tirer sereinement toutes les le&#231;ons. L'existence d'une fraction au sein d'une organisation ne repr&#233;sente pas, en tant que telle, un affaiblissement de l'organisation, mais peut &#234;tre un &#233;l&#233;ment qui permet de contenir des dynamiques scissionnistes, de maintenir l'unit&#233; du parti. Cela dit, pour que ce soit possible, cela implique un certain nombre de r&#232;gles tr&#232;s simples et notamment : la transparence (les r&#233;unions de la fraction sont ouvertes), la loyaut&#233; (tout ce que fait la fraction est annonc&#233; &#224; la direction &#224; l'avance), le maintien de cadres communs au sein de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est vrai, pour une orientation g&#233;n&#233;rale, devrait l'&#234;tre aussi sur des questions plus circonscrites. John Rees est paniqu&#233; &#224; l'id&#233;e que les 13 camarades du SWP qui sont &#224; la direction du syndicat &#233;tudiant ne votent pas la m&#234;me chose ou, pire encore, que le parti soit en d&#233;saccord avec leur vote : &#171; &lt;i&gt;C'est un d&#233;sastre s'ils ne votent pas tous dans le bon sens ou si le parti est en d&#233;saccord avec ce qu'ils ont fait&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;sastre, le mot est fort. Selon une telle vision, l'histoire de la LCR serait marqu&#233;e par une succession de d&#233;sastres. Prenons, l&#224; encore, un exemple pr&#233;cis. Lorsque le syndicat CFDT des postes et t&#233;l&#233;communications s'est fait exclure par la direction de la Conf&#233;d&#233;ration, il y avait deux choix possibles : soit adh&#233;rer &#224; la CGT, soit former un nouveau syndicat, SUD PTT. L'essentiel des &#233;quipes syndicales concern&#233;es, du national au local, &#233;tait favorable &#224; la cr&#233;ation de SUD, estimant que tout autre choix entra&#238;nerait la dislocation des &#233;quipes syndicales, patiemment construites pendant des ann&#233;es. Un d&#233;bat a eu lieu &#224; la direction nationale de la LCR et celle-ci s'est exprim&#233;e contre la cr&#233;ation d'un nouveau syndicat et pour le passage &#224; la CGT. La quasi totalit&#233; des militant-e-s et militants de la LCR concern&#233;-e-s ont fait le choix de cr&#233;er SUD, contre l'avis de leur direction. Et ils ont eu raison de le faire, la r&#233;alit&#233; leur a donn&#233; raison et quasi plus personne aujourd'hui ne conteste ce choix. Quelles le&#231;ons en tirer ? D'abord que d'avoir enfreint le centralisme d&#233;mocratique n'a pas eu de cons&#233;quence n&#233;gative au niveau de l'action. Ensuite, et c'est peut-&#234;tre le plus important, c'est que les &#233;quipes syndicales qui ont fait le choix de cr&#233;er SUD, et, parmi eux il y avait de nombreux-euses militant-e-s de la LCR, avaient plus raison que le parti, si r&#233;volutionnaire soit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; derri&#232;re, il y a un probl&#232;me beaucoup plus profond, c'est une certaine conception du parti d'avant-garde et du centralisme d&#233;mocratique, lourde de danger (et l&#224; je me retiens pour ne pas citer le Trotsky de Nos t&#226;ches politiques). Parce qu'il est d'avant-garde, le parti aurait raison. Et au sein du parti, la tendance majoritaire a raison, et au sein de la tendance majoritaire la direction a raison, et au sein de la direction, le noyau historique a raison, et parfois au sein du noyau historique un individu a raison, c'est ce qui explique d'ailleurs l'existence de v&#233;ritables gourous au sein d'organisations trotskistes (Hardy &#224; Lutte ouvri&#232;re ou Lambert &#224; l'OCI/Parti des travailleurs). Non, ce n'est pas parce qu'on est membre d'une organisation r&#233;volutionnaire, et cela est encore plus vrai pour une petite organisation dont la surface sociale est limit&#233;e, que l'on a forc&#233;ment raison pour d&#233;terminer une orientation cons&#233;quente dans le travail de masse et dans les mobilisations. Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles la LCR a abandonn&#233; toute conception d'intervention en fraction dans le travail de masse, et notamment dans les organisations syndicales. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de discussions g&#233;n&#233;rales sur l'orientation syndicale, sur les ph&#233;nom&#232;nes de recomposition syndicale &#8211; nous en avons eu une, importante &#224; notre congr&#232;s qui a suivi les grandes gr&#232;ves de 1995 -, mais la LCR ne donne pas de consignes pr&#233;cises et toute id&#233;e selon laquelle toutes et tous les militantes et militants doivent imp&#233;rativement voter la m&#234;me chose, sous peine de d&#233;sastre, lui est &#233;trang&#232;re. Cette conception a &#233;galement l'avantage d'&#233;viter une forme de schizophr&#233;nie dans le militantisme quotidien. Les organisations de masse sont aussi travers&#233;es par des d&#233;bats, intenses parfois, qui ne sont pas uniquement des d&#233;bats entre r&#233;formistes tra&#238;tres et r&#233;volutionnaires cons&#233;quents. L&#224; encore, prenons un exemple, la question de l'exclusion des lyc&#233;ennes qui portaient le foulard. La Ligue &#233;tait fortement divis&#233;e et est toujours fortement divis&#233;e sur cette question. La position majoritaire s'opposait &#224; la loi, mais n'excluait pas la possibilit&#233; d'exclure une lyc&#233;enne, une fois toutes les d&#233;marches possibles ayant &#233;t&#233; faites pour la convaincre d'enlever son foulard en classe. La position minoritaire refusait, &#224; juste titre, toute exclusion d'une lyc&#233;enne qui porte le foulard. Mais ce d&#233;bat, il existait aussi au sein de la direction de la FSU, de ses sections, au sein des tendances syndicales de la FSU, et enfin dans les AG des professeurs. Imaginons un-e militant-e de la LCR, en accord avec la position minoritaire, qui se trouve &#224; la direction du syndicat ou dans une AG o&#249; se discutent des motions contradictoires, qui de fait reprennent les termes du d&#233;bat qui a eu lieu au sein de la Ligue. Au nom de la n&#233;cessaire discipline du parti, il/elle va devoir voter contre une motion dont il/elle partage le contenu avec des membres de son syndicat ou des coll&#232;gues de son &#233;tablissement, et pour une motion avec laquelle il/elle est en d&#233;saccord total. Et bien, je pense que c'est impossible, et en ce qui me concerne, je ne le ferais pas, et cela m&#234;me si je devais subir les foudres de John Rees. Pratiquer de la sorte ne renforce aucunement le parti, parce quand les autres membres du syndicat ou les coll&#232;gues de travail voient des militant-e-s voter contre leur propre conviction au nom de la discipline du parti, alors ce dernier ne peut que leur appara&#238;tre comme une secte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut-il dire que tout est possible au sein d'un m&#234;me parti ? Non. Il peut y avoir des moments o&#249; la s&#233;paration est n&#233;cessaire quand des positions sont contraires aux int&#233;r&#234;ts historiques de l'ensemble travailleurs ou de minorit&#233;s particuli&#232;res : ainsi, si une tendance dans un parti justifiait le soutien &#224; une intervention militaire imp&#233;rialiste, ou si elle approuvait des mesures discriminatoires &#224; l'&#233;gard des immigr&#233;-e-s, ou si elle approuvait la r&#233;pression de minorit&#233;s sexuelles, alors la s&#233;paration serait n&#233;cessaire. Mais, ces cas sont marginaux et ne peuvent justifier une th&#233;orie du centralisme d&#233;mocratique d'un autre &#226;ge, une th&#233;orie marqu&#233;e par des circonstances historiques particuli&#232;res, magnifi&#233;e par le stalinisme et reprise, certes avec des consid&#233;rants diff&#233;rents, par nombre d'organisations se r&#233;clamant du trotskisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volutionnaire, il ne suffit pas de dire qu'on l'est pour l'&#234;tre&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais terminer ces remarques en abordant un dernier probl&#232;me : qu'est-ce qui permet de caract&#233;riser une organisation ou un courant de r&#233;volutionnaire ? Dans sa contribution, John Rees peine &#224; r&#233;pondre &#224; cette question, et c'est normal, parce que la r&#233;ponse n'est pas simple, et y a-t-il m&#234;me une r&#233;ponse ? Il justifie l'existence d'un parti r&#233;volutionnaire par l'&#233;cart pouvant exister entre le niveau de conscience de la classe ouvri&#232;re d'une part et ses int&#233;r&#234;ts historiques d'autre part : &#171; &lt;i&gt;nous vivons dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le pouvoir, non seulement sur les aspects &#233;conomiques de la vie, mais aussi sur toute la production d'id&#233;es de la soci&#233;t&#233; moderne &#8211; l'&#233;cole, le gouvernement, les m&#233;dias &#8211; est dans les mains d'une autre classe. Ce n'est donc pas tr&#232;s &#233;tonnant que les gens aient des id&#233;es contraires &#224; leurs int&#233;r&#234;ts&lt;/i&gt; &#187;. Le constat est juste sauf que cela justifie et d&#233;finit la n&#233;cessit&#233; d'un parti ouvrier ind&#233;pendant, d&#233;fendant les int&#233;r&#234;ts historiques de la classe ouvri&#232;re et du plus grand nombre, ce qui passe notamment par la remise en cause de l'exploitation capitaliste et par cons&#233;quent de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des principaux moyens de production, l'&#233;tablissement d'une soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de toutes les formes d'exploitation, d'oppressions et de discriminations et dirig&#233;e par les producteurs et productrices autoorganis&#233;e- s &#224; tous les niveaux. Mais la d&#233;finition d'un parti r&#233;volutionnaire ne se r&#233;sume pas &#224; cela. Dans les diverses composantes de la n&#233;buleuse trotskiste, le sens du qualificatif de r&#233;volutionnaire est li&#233; &#224; la question strat&#233;gique de la crise r&#233;volutionnaire et de la prise du pouvoir autour de, tr&#232;s sch&#233;matiquement : d&#233;veloppement d'organes de double pouvoir qui se structurent &#224; l'&#233;chelle nationale (comit&#233;s d'usine, soviets, etc.), situation de double pouvoir, confrontation avec l'&#201;tat bourgeois et son appareil militaire et r&#233;pressif, ce qui pose la question de l'armement des travailleur-euse-s et des opprim&#233;-e-s, et d&#233;nouement de la crise (soit victoire de la r&#233;volution avec la destruction de l'&#201;tat bourgeois et instauration d'un autre pouvoir, soit victoire de la contrer&#233;volution et restauration de l'ordre existant). Mais ces r&#233;f&#233;rences suffisent- elles &#224; d&#233;finir une organisation ou un courant comme r&#233;volutionnaire ? Je ne le crois pas. Il y a trop de cas dans l'histoire o&#249; des organisations se r&#233;clamant d'un programme r&#233;volutionnaire en b&#233;ton se sont av&#233;r&#233;es incapables de jouer le moindre r&#244;le dans des situations de crises r&#233;volutionnaires. La difficult&#233;, c'est que la caract&#233;risation de r&#233;volutionnaire d'une organisation ne peut se faire qu'a posteriori, lorsque celle-ci a &#233;t&#233; capable d'&#234;tre partie prenante d'un r&#233;el processus r&#233;volutionnaire et d'y jouer un r&#244;le positif, et il faut bien avouer que, hors leurs r&#233;f&#233;rences &#224; des exp&#233;riences historiques, les organisations qui se qualifient aujourd'hui de r&#233;volutionnaires en Europe, n'ont sur cette question aucune exp&#233;rience pratique et par cons&#233;quent aucune autorit&#233; pour se caract&#233;riser elles-m&#234;mes de r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un deuxi&#232;me probl&#232;me : des partis r&#233;volutionnaires de masse, comme les ont d&#233;fini pendant de longues ann&#233;es, aussi bien le SWP que la LCR, n'ont jamais exist&#233; dans la r&#233;alit&#233; et n'existeront jamais. On pourrait m&#234;me prendre le cas de la fraction bolchevique. Jusqu'en 1917, on aurait pu la caract&#233;riser comme une organisation anticapitaliste, et encore une organisation anticapitaliste assez particuli&#232;re puisqu'elle voulait certes abattre le tsarisme, mais pour le remplacer par une d&#233;mocratie bourgeoise, les partisans d'une transcroissance de la r&#233;volution bourgeoise en r&#233;volution prol&#233;tarienne n'&#233;tant pas, et notamment le principal d'entre eux, membre dudit parti bolchevik. Ce n'est que parce qu'elle a conduit &#224; son terme une dynamique r&#233;volutionnaire qu'on peut aujourd'hui la qualifier de parti r&#233;volutionnaire tout en pr&#233;cisant par ailleurs qu'elle n'&#233;tait pas le seul courant r&#233;volutionnaire qui a particip&#233; &#224; cette r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pose aussi la question de l'intervention et de la construction, au sein d'un parti anticapitaliste large qui se fixe comme objectif non pas d'am&#233;nager le capitalisme mais de le remplacer par une soci&#233;t&#233; socialiste, sans exploitation et sans oppression, d'un courant r&#233;volutionnaire. Je suis tr&#232;s m&#233;fiant sur la mani&#232;re d'aborder cette question, et encore plus, si le dit courant fonctionne suivant la r&#232;gle du centralisme d&#233;mocratique. On ne peut consid&#233;rer un parti anticapitaliste large comme &#233;tant fait de diff&#233;rents cercles concentriques d&#233;limit&#233;s par des r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques et programmatiques diverses, avec au centre un petit noyau form&#233; par les militants du (ou des) courant r&#233;volutionnaire, qui interviendrait en fraction au sein de ce parti large, avec comme objectif, soit de devenir majoritaire pour en &#171; &lt;i&gt;prendre&lt;/i&gt; &#187; la direction, soit pour organiser une scission le moment venu et opportun, pour former un &#171; &lt;i&gt;vrai&lt;/i&gt; &#187; parti r&#233;volutionnaire strictement d&#233;limit&#233;, conception qui justifie &#233;videmment une intervention en fraction. Il faut plus concevoir ce parti comme &#233;tant form&#233; de sous-ensembles dont les recoupements varieront au cours de son histoire et r&#233;serveront surprises et &#233;tonnements. Le courant r&#233;volutionnaire sera un de ces sous-ensembles, qu'il sera important de construire, mais qui conna&#238;tra lui aussi des transformations constantes, voire des mutations au feu de la lutte des classes, qui sera lui aussi travers&#233; par des d&#233;bats qui ne se r&#233;soudront pas seulement en son sein, mais aussi dans le cadre du parti large. Car les apports ne fonctionnent pas &#224; sens unique : le courant r&#233;volutionnaire s'enrichit, lui aussi de l'exp&#233;rience, de l'activit&#233; du parti large et une conception restrictive du centralisme d&#233;mocratique peut &#234;tre un obstacle &#224; la r&#233;alisation de v&#233;ritables symbioses d'histoires et d'exp&#233;riences diff&#233;rentes qui cohabiteront au sein du parti large et &#224; l'assimilation des exp&#233;riences port&#233;es par ce parti large lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
